Rendue plus urgente que jamais en raison de déficits des comptes sociaux, la réforme des retraites est le grand chantier de 2010. Le gouvernement a donc choisi de faire payer aux salariés une réforme qui les néglige et ce sans revenir sur la politique fiscale menée par ce dernier. Il cherche à imposer l’idée qu’une réforme des retraites devrait forcément conduire à une régression sociale et impose ainsi la réforme la plus brutale d’Europe.
Premier recul injustifiable : l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite est porté à 62 ans. Cela aura pour effet de pénaliser les salariés ayant commencé tôt, qui sont les plus usés par le travail et qui auront les plus petites retraites. Pour les femmes aux carrières souvent incomplètes, pour les précaires, pour les jeunes qui entrent de plus en plus tard dans la vie professionnelle, il faudra même attendre 67 ans pour atteindre une retraite à taux plein !
Quand 65% des salariés de plus de 50 ans n’ont plus accès à l’emploi, comme c’est le cas actuellement, ces périodes de chômage conduiront mécaniquement à une baisse du montant des pensions. C’est peut-être malheureusement l’objectif recherché.
Le gouvernement a fait le choix de financer la réforme par des mesures d’âge, en négligeant les autres options. Seuls 1,7 milliards d’euros ont été demandés aux revenus du capital et du patrimoine, 2 milliards aux entreprises. Rien n'a été demandé aux banques et aux établissements financiers. Le gouvernement appelle donc les salariés et les retraités à financer cette réforme. La prise en compte de la pénibilité est profondément injuste puisqu’elle se borne à constater une invalidité. Le gouvernement privilégie ici une approche individuelle et médicalisée.
Face aux déboires de plusieurs ministres et pour faire oublier la réforme des retraites, le gouvernement a décidé de durcir son discours sécuritaire et stigmatise des populations pour assoir son électorat. Le discours de Grenoble a marqué un tournant dans la politique du gouvernement.
La politique du chiffre a été un échec et ce depuis 2002 :
+ 22%, c’est la hausse depuis 2002 des atteintes aux personnes : atteintes de plus en plus violentes.
+ 40%, c’est la hausse depuis 2004 du nombre de blessés dans les forces de l’ordre.
- 11 000, c’est le nombre de suppressions de policiers et de gendarmes que nous atteindrons en 2010.
20%, c’est la baisse en moyenne du budget de fonctionnement du ministère de l’Intérieur.
30 000, c’est le nombre de peines non effectuées. Et gageons que s’il y avait des moyens au Ministère de la justice et que ces peines seraient effectuées, cela serait certainement plus efficaces.
Face aux échecs de sa politique social et de l’emploi, le gouvernement tente de détourner l’attention des Français à la veille d’une rentrée sociale qui s’annonce mouvementée.