Nous avons terminé donc la lecture en commission des Affaires Sociales du texte sur la réforme des retraites. Je tiens à vous faire part de mon sentiment à ce sujet.
Car je regrette que sur un texte si fondamental, qui touche chacun d'entre nous, un sujet au coeur notre pacte social, le Gouvernement ait décidé d'appliquer la procédure accélérée. Rien ne justifiait cette précipitation.
Au coeur de ce débat, c'est l'avenir de nos retraites et de celles des générations futures dont il est question. Le débat démocratique doit pouvoir s'exprimer sous toute ces formes, c'est pourquoi nous avions demandé à ce que le débat soit publique.
La réforme des retraites ne doit pas se faire à huit clos, loin de celles et ceux qui sont les premiers concernés.
Si la présence de la presse n'es pas envisageable alors pourquoi ne pas retransmettre tout simplement le débat?
Par ailleurs, l'UMP aurait décidé de ne pas déposer d'amendements gardant ainsi pour septembre la primeur de leurs modifications sous prétexte que ce débat doit être publique? Il faut trancher. Le respect du parlement exige un débat libre et démocratique ouvert à tous et non pas un examen de texte accéléré, des amendements rejetés en commission sans débat et ce en niant l'importance de que lui accorde chaque citoyen.
L'équilibre de notre système par répartition fonde notre modèle social de solidarité. Le projet proposé par le Gouvernement met à mal de nombreux fondamentaux et ne propose aucune solutions à long terme.
Le recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans, la mesure phare de ce projet.
Il pénalisera principalement les ouvriers et les employés qui ont été contraints de commencer à travailler jeune. Ce sont eux qui devront travailler plus, alors qu’ils ont les métiers les plus pénibles et donc une espérance de vie moins grande. Il est à noter que la plupart de pathologies apparaissent vers 60 ans.
Ce sont encore eux qui devront porter le poids principal de l’effort alors que les hauts revenus n’auront qu’à s’acquitter d’une participation infime par rapport aux classes moyennes. Les revenus du capital ne participeront qu’à hauteur de 7% du financement total.
Vous vous êtes dits ouverts sur la question de la pénibilité, cependant force est de constater que nos amendements ont été rejetés et que vous la confondez avec l'invalidité. Cette réforme pénalisera tous les Français qui travaillent.
Nos concitoyens attendent et les réponses risquent de les décevoir.
En réalité, la solution du report de l’âge légal de la retraite est n'est pas notre solution. L'emploi doit être au coeur des politiques. Quand 65% des salariés de plus de 50 ans n’ont plus accès à l’emploi, comme c’est le cas actuellement, la charge économisée sur les retraites sera transférée sur l’assurance chômage ou sur les minima sociaux.
Il est à redouter que ces périodes de chômage conduiront mécaniquement à une baisse du montant des pensions. Tous les salariés qui peuvent connaître des ruptures de carrière, particulièrement les femmes, seront les grands perdants d’une telle réforme comme les jeunes et les seniors