Construire une société plus juste




Construire une société plus juste
Pendant de nombreuses années le libéralisme sauvage a annexé nos lendemains et l’individualisme a confisqué l’idée de progrès. La finance industrielle alliée au libre échange a été le moteur d’une révolution bouleversant la planète et transformant le rapport entre les hommes. Dans l’Armée nouvelle, Jaurès décrivait ces évolutions constantes : « la fougue du profit, sa mobilité ardente et brutale ». Elles insinuent les métamorphoses successives de la question sociale et la nécessité d’inventer de nouvelles perspectives : Les citoyens ont alors découvert qu’il existait des oubliés de la mondialisation comme il y a des soldats inconnus. Ils sonnent comme des alarmes, pour nous tenir en éveil et nous empêcher de sombrer dans l’indifférence. Il est de notre responsabilité et de notre devoir d’écouter, de comprendre et d’aider ceux qui vivent une situation sociale désespérée et qui peuvent grossir les rangs de la contestation violente si leur mal-être n’est pas soulagé.

Le monde change et une page se tourne, loin des sirènes tragiques de l’intolérance. Notre île n’est plus à l’écart de ces vastes mouvements économiques, démographiques ou culturels qui agitent la planète. La Corse a besoin de trouver des réponses aux enjeux du 21ème siècle, et nous devons sans tarder engager un nouveau dialogue avec la population. Cela concerne les élus, les acteurs sociaux, culturels et économiques, le monde associatif et bien au delà. Nous devons nous retrouver entre femmes et hommes de paix, pour imaginer dans la transparence, notre avenir. Acceptons d’argumenter, de confronter nos idées ! J’initierai une démarche allant dans ce sens très prochainement.

Il est temps d’ouvrir un nouveau chapitre de notre histoire. L’espoir d’un nouveau départ. Notre devoir est d’inviter tous les citoyens à participer, de lui donner un nouveau souffle. « C'est le combat de l'ombre et de la lumière… C'est une lutte entre l'espoir et le désespoir, entre la lucidité et la ferveur… Je suis du côté de l'espérance, mais d'une espérance conquise, lucide, hors de toute naïveté. » C’est cette espérance, chère à Aimé Césaire, que nous voulons conquérir. Pour y parvenir, nous devons faire preuve d’audace politique : plus d’intervention publique, plus de régulation, plus de volontarisme industrielle, plus de justice sociale et de concertation.

Les réalités territoriales doivent êtres plus amplement prises en comte et le soutien aux collectivités locales plus fort encore. Par ces détours, je ne crois pas m’être éloigné de nos préoccupations, j’ai le sentiment d’être en leur cœur. Le logement, le pouvoir d’achat, l’emploi, la santé, le financement des études des enfants sont pour beaucoup de nos concitoyens une priorité.

C’est pour cela que nous devons imaginer et construire une société plus juste, où chacun puisse s’épanouir et trouver des raisons d’espérer. Nous devons consolider le lien social en associant les habitants à l’amélioration de leur cadre de vie, promouvoir l’emploi pour lutter contre l’exclusion, garantir un égal accès aux services publics, renforcer la prévention, l’insertion et la citoyenneté, ou encore rassembler autour d’un projet culturel collectif !

En ces temps de doutes, nous devons réaffirmer le lien entre justice sociale et égalité, Léon Blum le résumait ainsi au lendemain de la Libération : « Maintenir et développer les droits de la personne humaine au sein d’une société toute entière conçue et organisée pour le bien collectif ». Revendiquer les droits de la personne humaine, c’est demander une meilleure distribution des richesses, un mieux-être matériel, mais c’est aussi demander à être reconnu comme un citoyen à part entière et affirmer ainsi son identité et sa dignité. Une dignité qui voit l’homme libre devenir à la fois acteur et modèle. C’est cet humanisme là que nous revendiquons face à une mondialisation présentée comme irréversible !

Quelles que soient nos origines, nos classes sociales ou nos appartenances politiques, nous devons êtres capables de belles œuvres. Nous saurons, j’en suis sûr, nous engager vers de grands desseins collectifs.